Nouvelles règles de l’UE sur les allégations environnementales : ce que les marques cosmétiques doivent changer avant septembre 2026
- Daniel Jiménez

- il y a 8 heures
- 4 min de lecture
La manière dont les marques cosmétiques communiquent sur la durabilité dans l’Union européenne est sur le point de changer de manière significative.
À partir du 27 septembre 2026, les dispositions introduites par la Directive (UE) 2024/825 – Donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition verte (ECGT) seront applicables dans toute l’UE, avec des exigences plus strictes concernant les allégations environnementales, les labels de durabilité et d’autres pratiques de marketing liées à la durabilité.
Pour les entreprises cosmétiques, cela signifie que les emballages, les sites web, les supports publicitaires et même certains noms de produits ou de marques doivent désormais être réévalués.

Les allégations environnementales génériques seront beaucoup plus encadrées
L’un des principaux changements concerne les déclarations environnementales générales telles que :
« Eco-friendly »
« Green »
« Environmentally friendly »
« Ecological »
« Biodegradable »
« Climate friendly »
En vertu des nouvelles règles, ce type d’allégations environnementales génériques ne pourra être utilisé que lorsqu’il repose sur une performance environnementale excellente reconnue et pertinente au regard de l’allégation formulée.
Les allégations environnementales plus spécifiques pourront continuer à être utilisées, à condition qu’elles soient exactes, claires et suffisamment étayées.
Pour les marques, cela signifie qu’il deviendra de plus en plus important de remplacer les messages génériques de durabilité par des informations environnementales précises, vérifiables et transparentes.
Il ne s’agit pas uniquement des allégations écrites
La notion d’allégation environnementale au sens de la Directive est large.
Elle peut inclure non seulement des textes, mais également des représentations visuelles, graphiques ou symboliques, ainsi que des noms de marque, des dénominations commerciales ou des noms de produits lorsqu’ils communiquent ou suggèrent un avantage environnemental.
Ce point est particulièrement important pour les emballages cosmétiques.
Des éléments comme des feuilles, des arbres, des gouttes d’eau ou d’autres visuels inspirés de la nature ne sont pas automatiquement interdits. Toutefois, lorsqu’ils sont associés à des messages de durabilité, des logos environnementaux ou d’autres références « vertes », ils peuvent contribuer à créer une perception environnementale spécifique chez le consommateur.
L’évaluation de conformité doit donc prendre en compte la présentation globale du produit.
De nouvelles exigences pour les labels de durabilité
La Directive renforce également les exigences applicables aux labels de durabilité.
De manière générale, les labels volontaires de durabilité destinés aux consommateurs devront être établis par une autorité publique ou reposer sur un système de certification approprié impliquant une vérification indépendante par un tiers.
Les entreprises utilisant leurs propres sceaux environnementaux, badges internes ou logos de durabilité devront donc examiner attentivement si ceux-ci peuvent être considérés comme des labels de durabilité au titre du nouveau cadre réglementaire.
Les allégations « carbon neutral » sont également concernées
Les nouvelles règles visent également les allégations suggérant qu’un produit a un impact neutre, réduit ou positif sur les émissions de gaz à effet de serre lorsque cette affirmation repose sur la compensation d’émissions en dehors de la chaîne de valeur du produit.
Cela peut notamment concerner des expressions telles que « climate neutral » ou des formulations similaires lorsque le bénéfice environnemental revendiqué résulte d’un mécanisme de compensation plutôt que de réductions directement liées au produit lui-même.
Que se passera-t-il à partir du 27 septembre 2026 ?
Les États membres de l’UE devaient transposer la Directive avant le 27 mars 2026, et ses dispositions seront applicables à partir du 27 septembre 2026.
Il est important que les entreprises ne partent pas du principe que les emballages produits avant cette date seront automatiquement exemptés.
En juin 2026, les autorités européennes de coopération en matière de protection des consommateurs ont adopté une approche commune concernant le stock existant ou « old stock » comportant des allégations environnementales ou des labels de durabilité.
Les autorités attendent des entreprises qu’elles prennent suffisamment tôt des mesures de bonne foi en vue de se mettre en conformité. Toutefois, certaines difficultés transitoires réelles pourront être prises en compte au cas par cas.
Parmi les facteurs susceptibles d’être considérés figurent :
le volume de stock existant ;
les cycles de production des emballages ;
les commandes déjà passées ;
les contraintes liées à la chaîne d’approvisionnement ;
et la durée de conservation du produit.
Ce point est particulièrement important pour les entreprises cosmétiques, où les emballages peuvent être produits plusieurs mois avant la commercialisation finale.
Les stickers et autres mesures correctives peuvent constituer une solution
L’approche européenne ne signifie pas nécessairement que tous les produits existants comportant des messages environnementaux potentiellement non conformes devront être détruits ou retirés du marché le 27 septembre.
Selon les circonstances, des mesures correctives proportionnées pourront être envisagées, telles que :
la mise à jour des allégations environnementales sur les sites web et plateformes e-commerce ;
la modification des supports publicitaires ;
l’adaptation des prochains lots d’emballages ;
l’ajout d’informations correctives sur le point de vente ;
ou la mise en œuvre d’autres mesures proportionnées afin de corriger le message concerné.
Les autorités pourront éviter des mesures disproportionnées, telles que la destruction ou le rappel des produits, lorsque celles-ci entraîneraient des coûts excessifs ou un impact environnemental inutile.
Que devraient revoir dès maintenant les entreprises cosmétiques ?
À l’approche de la date d’application, les marques cosmétiques commercialisant leurs produits dans l’UE devraient revoir leur stratégie de communication environnementale sur l’ensemble du parcours consommateur.
Cette révision devrait notamment couvrir :
les emballages et l’étiquetage, les noms de produits et de marques, les labels de durabilité, les sites web, les marketplaces, les réseaux sociaux, les publicités et autres supports promotionnels.
Une attention particulière doit être accordée aux :
allégations environnementales génériques, labels de durabilité créés en interne, déclarations liées au climat et éléments visuels environnementaux associés à des messages de durabilité.
L’objectif du nouveau cadre européen est clair : la communication environnementale doit devenir plus précise, transparente et vérifiable.
Pour les entreprises préparant actuellement de nouveaux artworks ou de futures productions d’emballages, revoir ces éléments avant validation peut permettre d’éviter des corrections coûteuses une fois les nouvelles règles pleinement applicables.
Belab Services peut accompagner les marques cosmétiques dans l’évaluation de leurs allégations environnementales, emballages et supports marketing au regard des nouvelles exigences européennes de protection des consommateurs, ainsi que dans l’identification des actions nécessaires pour atteindre la conformité avant septembre 2026.





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